La Peur c'était moi • poème en prose



Elle m'attrapait les bras, cette silhouette informe et noire. Elle me broyait les os, me raidissait le corps, me glaçait le sang. Sous son emprise, ma respiration était effrénée, comme celle de l'étalon à la fin d'une longue course. 
Les yeux clos, je parvenais toutefois à distinguer ette figure sans visage, sans beauté ni prunelles pour se consoler. Elle semblait me craqueler la peau pout faire corps avec moi, en me dépossédant de moi-même. Tout autour de moi, je reconnaissais ce famillier brouillard : épais, dissimulant les plus cruelles bêtes. Ce brouillard qui entrave toute pensée, qui emprisonne notre esprit, et nous égare dans les plus sombres chemin. J'étais comme prisonnière de moi-même et de ma fieffée folie. 
La silhouette ne bougeait point, resserrant ses membres autour des miens encore plus intensément, étouffant à présent mes cris, et tarrissant mes larmes. La tête baissée, j'étais son esclave, esclave de cette douleur qui était mienne. 
Mon âme dévoyée dans ses plus profondes abysses, plus aucune lumière ne me guidait. Aussi, dans un dernier élan ultime, je levai le visage pour contempler cette silhouette. J'approchai alors mon visage de cette chose qui m'effraiyait et me mutilait. Mon visage épousant le corps de cette noirceur, je pu lentement, étonnamment distinguer ses traits. Des yeux marrons amande rappelant les douces chaleurs d'automne, les forêts flamboyantes sous les derniers rayons du crépuscule. Puis une forme de visage plutôt ronde, de longs cheveux noirs flottant dans la brise qui à présent me carressait les joues. Un teint hâlé couleur d'orient. Cette informe absolu n'était que mon être. Un être dont je tenais maintenant les mains et qui me contemplait dans la plus grande des sérénité. Cet être dont le visage était maintenant nimbé de la lumière du soleil qui avait chassé toute obscurité. La femme n'était plus chose, elle n'était plus tyrannie, angoisse ni torture. Elle portait sur son visage le plus beau bijoux qui ne fut jamais : un sourire d'amour et de reconnaissance. 
L'amour est la lumière qui guérit notre âme en peine. Oser se contempler, c'est s'offrir cet amour, main qui nous guide vers la paix.

~ Nora.

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