La Colère : la médiatrice de la paix


 





        Il est un affect lequel s’infiltre et semble - lorsque celui-ci se présente - croître tel un parasite monstrueux. Je vous présente la Colère.


      Fervente ambassadrice de la délimitation de notre territoire psychique, elle vient ici révéler des parts de Soi qui n’ont pu, ou su être proprement et profondément entendues. Celles-ci réclament parfois notre silence, mais aussi notre clémence. Quoique ces parts infimes de soi puissent se lever et se révolter, elles viennent nous rappeler à notre complétude.


       Il arrive bien souvent que la colère soit externalisée, et rendue objet ; projetée ainsi hors de soi, autant qu’elle nous met « hors de nous ». C’est ainsi que celle-ci nous déplace de notre centre (i.e., de notre axe). En se déplaçant, la colère devient évidemment l’espace de violence extérieure : théâtre d’ombre de notre turpitude et tourments internes. Les cris surviennent alors, les regards froids, la douleur insoutenable du regret de mots trop durement prononcés, et même parfois des coups, ou des gestes immatures. 


    Comment extérioriser sa colère, sans éclabousser autrui ni se blesser soi-même de cette bouillante émotion ? 


        Il est bon d’identifier la source de la colère. Rappelons que nous vivons en parfait miroir entre intérieur et extérieur : ce qui est dehors, est finalement à l’intérieur de moi. Ce qui me fait réagir, ce qui me titille est un témoin d’une chose qui, de fait, demande de la douceur en mon cœur. Alors, bien entendu, si une personne externe m’a provoqué une colère : que vient me montrer cette personne sur mon état interne ? Que vient-elle ébranler en moi ? Pourquoi cela me bouscule, me « touche » ? En ce sens, que cela vient-il toucher en moi ? 

S’il s’agit d’une circonstance, de même : pourquoi cela me fait autant réagir ? Quel rapport inconfortable avec moi-même cela met-il en lumière ? Que puis-je faire, moi, pour y remédier ? 


            Il est important de se souvenir que nos émotions ne sont pas des entités autonomes ni indépendantes : elles sont nous, nous sommes elles, elles font partie inhérente de nous et coexistent. C’est ainsi qu’elles ne se dissocient guère. À partir de cette conscience l’on peut davantage se responsabiliser. 


       La colère est avant tout une réaction à un mouvement intérieur, auquel nous ne prêtons pas toujours patiemment attention. Elle afflue quelque fois si vite que nous n’en avons pas pleinement conscience. Toutefois, la colère demeure une émotion (du latin emovere qui signifie « mettre en mouvement »). La colère est alors une véritable montée d’adrénaline qui peut court-circuiter la pleine conscience. 

     Bien qu’elle nous maintienne vivants, elle est telle une épée affûtée : gare à comment nous la manions, et il est bon de la poser à terre ! 


      C’est en nous canalisant et en respirant que la colère nous invite à prendre une pause sur soi, et en soi. Il s’agit d’Écouter le souffle du vivant sans le retenir, ni le maintenir, sous peine de s’asphyxier. La colère contenue et larvée détruit de l’intérieur comme un liquide acide. Lorsqu’elle apparaît, pourquoi pas mettre sa main sur son ventre, et, si l’émotion est mouvement, la laisser bouger, sans la rigidifier. L’on ne peut empêcher la mer de bouger : avec les émotions, c’est pareil. Lorsque l’on cristallise la Colère, celle-ci se loge dans les intestins et particulièrement le Foie. C’est ainsi qu’une colère vieillie ou rentrée s’attaque au système intestinal : tout ce qui n’est pas « digéré », tout ce que l’on ne parvient à « avaler » voire, tout ce que l’on « ravale » vient crisper le corps, voire jusqu’aux mâchoires, lorsque nous avons « une dent contre quelqu’un ». La colère que nous ne regardons pas en face affaiblit notre vue (les yeux sont les méridiens du Foie), et par ailleurs, la colère assombrit nos cernes, et obstrue notre juste perception. 

Si nous fuyons notre colère, cette dernière ne meurt pas, mais au contraire se gangrène et pourrit. Elle empeste alors notre être, et notre corps énergétique jusqu’à nous vider entièrement : l’on se sentira alors régulièrement irritable, à fleur de peau, très susceptible, sensible à la critique, voire aigris (l’aigreur vient de l’acidité qui, métaphoriquement et conceptuellement est reliée à la colère). 



     L’erreur serait donc de l’immobiliser, et de la mentaliser, plutôt que de la ressentir dans ses tripes, sans pour autant la « cracher » ardemment. Il s’agit là d’un juste équilibre. C’est en cela que la respiration est primordiale, afin d’apaiser cette tension qui peut rapidement claquer. 

  

        Comme une eau bouillante, ici le geste intérieur est de couper le feu, avant que cela ne « déborde ». Bien entendu, cela demande d’être attentif à soi, comme à un enfant qui manque de se brûler. Cela demande d’être pleinement conscient, avec beaucoup de douceur envers soi-même. Il s’agit de la reconnaître avant tout, puis de l’accepter : la regarder en face, en tant qu’elle existe.


           Enfin, la colère est une profonde amie, au-delà de la sensation désagréable qu’elle nous fait sentir. Elle est une compagne de la paix, car celle-ci est une alerte d’un désordre interne lequel réclame attention. Elle vient signifier aussi, parfois, que nos limites ont été bafouées, et que notre besoin de Justice se fait entendre. La responsabilité nous revient : celle de dire les mots, de réajuster, sans provoquer de maux. Lorsque la colère survient au sein de liens relationnels intimes (proches, amis, partenaire), celle-ci peut nous lier fermement à autrui et alimenter le ressentiment. Dans certains cas, lorsque la colère traîne, elle mute en rancœur voire en haine fieffée. Apprendre à non seulement couper les liens, mais aussi se libérer de la colère par le Pardon et la reconnaissance est bon pour la paix intérieure, et notre quête personnelle et spirituelle. 


        Finalement, la Colère vient nous réaligner, et si nous l’embrassons, l’on prend conscience qu’elle n’est en rien un mal. Celle-ci vient nous relier et nous compléter lorsque nous somme éparpillés ou morcelés à l’intérieur. Tel un bon guide : elle nous remet sur le droit chemin. Comme un sombre orage, elle nous promet un chaud soleil ; à condition de savoir - et apprendre à aimer à - danser sous la pluie, et de sentir de tout son corps ses sensations ! 


Pleinement acceptée, elle devient donc ici l’écho de la plénitude et de la réconciliation. 

Sur le chemin de la paix, elle est une fidèle alliée : tout comme toutes nos autres  émotions 🦋🌞


AFFIRMATION :


«  J’aime ma colère et la reconnais pleinement : elle me rend vivant(e), et me réconcilie à moi-même. »


Nora Isis ©️


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