La Peur • une ressource interne

 






La peur est une émotion bien complexe, laquelle j’ai expérimenté maintes fois, et qui fait partie de tous les hommes. Il s’agit là d’une énergie primaire, logée au confins de notre subconscient, capable de surgir tel un fauve sans vergogne. Biologiquement, elle permet de signaler à notre corps la présence d’un danger, et alerte notre cerveau ; la peur est ici une injonction incarnée, laquelle précède une position de fuite, de protection ou de défense. Cette émotions brute réagit, ainsi, face à l’étrangeté, et à la perception de ce qui peut nous attaquer


Néanmoins, elle peut devenir un instrument redoutable, un outil dont on peut se servir du point de vue collectif, comme individuel. Gare à nous, lorsque celle-ci prend le contrôle de notre cortex, jusqu’à piloter nos perceptions et notre pensée. Elle peut être insinueuse et pernicieuse, rieuse des comportements qu’elle nous induit. 

Véritable émotion nécrosée dans nos tripes, celle-ci peut finir par grandir en nous comme un virus, et altérer notre vision de la réalité, jusqu’à, parfois, nous réduire à l’état d’esclave. La peur ainsi, nous asservit


L’asservissement par la peur est donc là, la misère des hommes, lorsque ceux-ci s’y accrochent, et s’y identifient fermement, en oubliant que la peur est une partie de soie, nullement autonome. Cet asservissement instrumentalisé se présente alors comme intérieur (si notre peur nous contrôle, et en cela il convient d’en obtenir la maîtrise), ou extérieur (lorsqu’une cause ou une personne/collectivité s’empare de notre psychisme).


Au-delà de l’asservissement, la peur peut se muer en un monstre sordide : la haine. Contenant avide de nos pulsions, la peur devient alors un terrain fertile à la croissance de la haine. Haine et peur sont donc fermement liées. Que se passe-t-il, souvent, lorsque nous voyons un insecte qui nous terrifie ? Nous cherchons immédiatement à le tuer. « Ça », est plus fort que nous. Le « Ça » est donc cette instance informe, enfouie au plus profond de nous qui guide parfois nos actions, au delà de la raison. La peur de l’étrangeté devient donc une justification de la violence. Et il en est de même pour les hommes, envers eux-mêmes, ou les autres. 


L’on se souvient notamment des cauchemars, incarnations hybrides de nos terreurs profondes, enracinés dans l’angoisse infantile ou existentielle. Silhouettes noires se découpant dans le ciel de nos nuits. 


Néanmoins, laissez-moi vous dire quelques mots…


J’ai vécue une jolie expérience autour de la peur. Celle-ci peut nous pétrifier, bien entendu, mais elle est avant tout un véritable moteur. Une ressource inattendue lorsque l’on ose l’affronter de face. Ce n’est pas facile, bien évidemment : la peur nous enseigne ici le courage, et la bravoure que nous nous devons envers nous-mêmes. Elle nous permet de nous dépasser, et d’explorer d’autres horizons en inhibant notre pulsion de mort. La peur est ici, là, pulsion de Vie


Affronter sa peur de face, c’est comme : oser marcher dans ce couloir tout noir en cherchant l’interrupteur, regarder sous son lit en découvrant qu’une vieille chaussette, comprendre que la Bête n’est qu’un homme, fermer les yeux et sauter dans l’eau, se retourner dans un rêve lorsque quelqu’un nous poursuit et découvrir une vieille grand-mère…Un peu comme après avoir sauté d’un plongeoir, l’on se sent fier, et réjoui, et l’on a envie de recommencer. Regarder et accueillir sa peur comme une partie de soi, permet de changer notre perception du monde et de soi, en reconstruisant notre espace psychique. Et en cela, ce qui ne nous tue pas, nous rend plus fort. 


La peur nous couronne alors de courage et de fierté. L’accueillir est un acte de bravoure. Nous pouvons ressentir se frémissement dans notre ventre, un élan nouveau qui nous pousse à grandir que davantage.


À l’écoute des autres, la peur (de l’autre) rend possible une relation nouvelle, encouragée par la curiosité et l’élan de vie. Si l’on observe cette peur sacrée, elle se révèle comme un miroir de soi, jusqu’aux tréfonds de notre être, afin de mettre en lumière nos propres ombres. 


La peur n’est pas cristalisée : bien au contraire, celle-ci est cristalline et plastique dans notre psyché. Bravoure et peur sont donc les deux faces d’une même pièce.


Elle nous rend à notre vulnérabilité, et à la fois à notre plus profonde puissance, qui ne demande qu’à voir le jour !


Nora Isis ©️


https://voyageaucoeurdelasagesse.blogspot.fr/

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